Chavroches : Jeanne de Chaveroche – “La blonde aux yeux d’or”

Epoque :  XII° – XV°- Protection : ISMH (1929)
Propriétaire : privé
Visite : non
Adresse : Rue Roussat 03220 Chavroches

Vidéo : Chavroches

Situation

Chavroches est à 34 km au sud-est de Moulins et à 37 km au nord-est de Vichy

Histoire :

Au sommet d’une colline abrupte est verdoyante s’élèvent les ruines du vieux château fort de Chavroches, un imposant donjon carré et une muraille d’enceinte avec des tours d’angle.
L’église actuelle datant de la fin du XIème siècle aurait été construite à l’emplacement de la première. Chaveroche est l’ancienne écriture du nom du village.

En tout cas, en 1898, en effectuant des fouilles dans le sous-sol de l’église, on a trouvé une tombe renfermant trois squelettes parfaitement conservés. L’un d’eux est celui d’une jeune femme dont la blonde chevelure était encore intacte. Cette découverte a rappelé une ancienne légende dont le souvenir persistait dans la mémoire des plus vieilles gens du pays.
La Légende : 

A l’époque où se passe cette histoire le vieux baron, propriétaire du manoir, avait chaque jour à sa table, nombre de seigneurs et de chevaliers qui venaient de tous les pays avoisinants. Certes l’hospitalité du baron était renommée, et les chasses qu’il donnait magnifiques, mais cela ne suffirait pas à expliquer une telle affluence de visiteurs, si je ne vous disais que le château de Chaveroche renfermait alors Jeanne, la belle blonde aux yeux d’or, fille du baron et merveille de tout le Bourbonnais.
Jeanne était blonde comme les blés, ses grands yeux au reflet d’or, profonds et ses lèvres d’un dessin exquis et pur, ses cheveux dont les boucles soyeuses descendaient librement sur ses épaules, son teint de lis et de roses en faisaient une créature étrangement belle et désirable.
Cependant pas un des hôtes de son père ne pouvait se flatter d’avoir obtenu d’elle le moindre mot d’espoir ; elle accueillait les madrigaux les plus galamment tournés et les déclarations les plus brûlantes avec un sourire également moqueur.
Mais le soir quand tout dormait au château, une voix douce et fière montait dans la vallée, chantant une romance de ce temps-là :
Dame dont le sourire
Captive pauvre cœur
Qui souffre et n’ose dire
L’excès de sa douleur ;
Ah ! Laisse-toi fléchir,
Ou me faudra mourir !
Jeanne sortait alors du château par une issue secrète, et bientôt se trouvait dans les bras du chanteur Raoul de Montcombroux, beau damoiseau et ménestrel accompli. Ils s’aimaient d’un fol amour et Jeanne, la blonde aux yeux d’or, avait juré à Raoul de n’appartenir jamais à un autre homme.
Or un jour Raoul dut quitter sa maîtresse pour aller guerroyer au loin. Deux ans se passèrent sans que Jeanne, dont le teint était devenu pâle et dont un cercle de bistre estompait les yeux, reçut de son bien-aimé la moindre nouvelle.
Cependant son père qui se sentait mourir, la pressait davantage de prendre un mari. Et devant les refus obstinés de son enfant le vieux seigneur se faisait un chagrin mortel.
Trois ans s’étaient écoulés sans nouvelles. Le baron déclara à sa fille que, si elle n’acceptait pas pour mari son cousin Guillaume de Jaligny, elle ferait son désespoir, et qu’il mourrait en la maudissant. La pauvre Jeanne, désespérant de ne jamais revoir son ami, finit par consentir. Et Guillaume, grand chasseur et formidable buveur, devint l’heureux époux de la merveille du Bourbonnais, Jeanne aux yeux d’or.
Trois années s’écoulèrent. Une nuit, sire Guillaume, revenu de la chasse, dormait d’un profond sommeil aux côtés de sa jeune épouse. Soudain une voix vibrante se fit entendre dans la vallée :
Dame dont le sourire
Captive pauvre cœur
Qui souffre et n’ose dire
L’excès de sa douleur…
C’était Raoul qui revenait, chevalier et capitaine, demander la main de celle qu’il n’avait jamais oubliée.
Au son de sa voix Jeanne se mit à trembler si fort qu’elle réveilla son mari. Raoul continuait sa chanson :
Ah ! Laisse-toi fléchir,
Ou me faudra mourir !
Quel est l’étrange fou qui vient ainsi troubler notre repos ? s’écria sire Guillaume réveillé tout à fait.
Ah ! Laisse-toi fléchir,
Ou me faudra mourir !
répétait le chanteur.
– Oh ! qu’est ceci, gronda Sire Guillaume. Par ma foi, madame, je veux voir l’audacieux qui vient à cette heure vous dire des chansons d’amour ? Et s’habillant en hâte il ceignit son épée et sortit par une porte basse. Quelques minutes après Jeanne de plus en plus tremblante, entendit des blasphèmes, puis deux grands cris qui réveillèrent tout le pays.
Affolée, la pauvre femme s’élança à demi-nue par le chemin que son mari venait de suivre, en appelant d’une voix déchirante : Raoul, Raoul !
Mais seules les chavoches répondaient à ses cris par des hurlements plaintifs. Enfin la lune émergea au-dessus des nuages et Jeanne vit à ses pieds les cadavres de son époux et de son fiancé, enlacés dans une dernière et mortelle étreinte.
S’agenouillant Jeanne prit dans ses bras la tête pâle de Raoul et la couvrit de baisers passionnés, puis elle se releva et tirant le poignard de son amant se le plongea par deux fois dans la poitrine.
Le lendemain on releva les trois cadavres. On ne put séparer Guillaume de Raoul tant les corps s’étreignaient sauvagement, et on les mit tous les deux, ainsi que Jeanne, dans une même tombe creusée sous le chœur de l’église. Au lieu où se passa la bataille on éleva une haute croix de pierre, et il paraît que, maintenant encore, par les longues nuits d’automne, en cet endroit, on entend parfois un couplet plaintif suivi de cris lamentables : c’est Jeanne, la blonde aux yeux d’or, qui répond à la chanson de son fiancé.
(source : docteur Georges Piquand)

Veauce, Lucie le fantôme du château

Veauce - Lucie - Emission TV
Veauce - le château (lamedeslieux.fr)
Veauce - Le château (taigong788 - Skyrock.com)
Veauce - Tour de la Malcoiffée (sciences-faits-histoires.com)
Grille du château de Veauce dans l'Allier (© Radio France - Arnaud Ranty)
Veauce - Le château (La Montagne© Agence VICHY)
Chemin de ronde du château de Veauce dans l'Allier (© Radio France - Arnaud Ranty)
La photo expertisée sans trucage du phénomène lumineux
Veauce - Ephraïm Tagori de la Tour
Veauce - Madame Elisabeth Mincer (dossiersinexpliques.blogspirit.com)

Émission Midi 2 du 13-08-1985 Producteur ou co-producteur Antenne 2 Journaliste Patrick Hesters

L'émission Mystères sur le Château de Veauce et le fantôme de Lucie

Situation

Veauce est à 39 km à l’ouest de Vichy, à 48 km au sud-est de Montluçon et à 58 km au sud-ouest de Moulins

La légende :

En 1559Guy de Daillon, seigneur et baron de Veauce, chevalier des Ordres du roi, épouse Jacqueline de La Fayette, dame de Pont-Gibaud. A peine quelques mois plus tard, une jeune fille de 18 ans, prénommée Lucie, se présente au château. Lucie, issue d’une famille noble mais totalement désargentée est fort belle et le sait. C’est le seigneur des lieux, Guy de Daillon, qui l’accueille et il n’est apparemment pas insensible à la beauté, au charme, à l’innocence et à la grâce de la demoiselle, puisqu’il l’embauche immédiatement comme servante.

Il semble que le châtelain ait même succombé à ces charmes puisque l’histoire raconte qu’au retour de la chasse, il offrait ses plus beaux trophées à Lucie, qui était devenue sa maîtresse…

Evidemment, l’épouse légitime et délaissée se rendit compte de ce qu’il se passait et bien qu’il s’agissait d’un affront a son âge, à sa beauté que de mettre ainsi en évidence la jeunesse d’une fille jolie, peut-être, mais pauvre, elle ne pouvait en cette époque agir contre son seigneur directement. Elle prit donc son mal en patience et, jalouse, jura de se venger dès que l’occasion se présenterait… et elle savait que tôt ou tard, elle se présenterait car en ces temps-là, et pour justifier leurs privilèges, les seigneurs, chevaliers et autres nobles passaient une grande partie de leur existence à revêtir leur armure et à guerroyer à tout venant pour le compte de leur roi ou pour leur propre compte. Durant ces longues absences, c’était l’épouse légitime qui prenait le commandement et donc la responsabilité « de la maison », c’est-à-dire du château…

Souvent, ces femmes douces et soumises étaient transformées par leur nouvelle responsabilité, devenant de vraies mégères tyranniques pour tous ceux qui étaient à leur service…

Cela ne loupa pas car quelques mois plus tard à peine, Guy de Daillon dut revêtir son armure, enfourcher son destrier et partir en guerre. L’épouse devint le maître pour un temps assez long. La troupe de son mari venait à peine de disparaître au détour de la forêt que sa jalousie put enfin s’exprimer au grand jour, au désespoir de la pauvre Lucie…

Elle n’hésita pas car en ces temps-là, les barons de Veauce comme leurs congénères, avaient droit de basse, moyenne et haute justice sur leur peuple. La condamnation pouvait aller de quelques coups de bâton à la mort, sans formalité et en toute impunité. De plus, tout était prévu au château de Veauce : la prison était installée dans la tour dite Mal-Coiffée, au saillant sud-est de la forteresse. Elle donne dans la cour d’honneur à l’arrière du corps du logis d’habitation du châtelain.

La prison en elle-même comprenait trois geôles superposées. Dans la partie haute, on enfermait les prisonniers condamnés à des peines légères et que l’on faisait travailler dur. Au rez-de-chaussée, on enfermait les condamnés devant subir plusieurs années d’emprisonnement. Dans le sous-sol, on trouvait une troisième prison et de celle-ci, on n’avait pratiquement aucune chance d’en sortir un jour. Les condamnés étaient descendus dans ce cul de basse-fosse humide par une corde. La nourriture leur parvenait de la même façon, de façon très limitée…

La pauvre Lucie fut enfermée sur ordre de la baronne dans la geôle du premier étage, qu’elle avait fait totalement vider préalablement de ses prisonniers. Elle était isolée, car, selon le bon vouloir de sa tortionnaire, elle devait être solitaire et n’avoir d’autre visite que la sienne. Ainsi, cette femme en proie à une jalousie féroce et à la limite du sadisme, venait visiter sa prisonnière, la narguait et l’insultait copieusement.

La prison, bien sûr, n’était pas très isolée ni chauffée, et le froid de la nuit était succédé le jour par les vents ou l’humidité printaniers ou la chaleur sèche estivale. On lui donnait comme nourriture juste de quoi ne pas mourir et pareil pour l’eau. De plus, Lucie était rongée par la terreur et les menaces incessantes de sa moqueuse tortionnaire, qui la faisait souffrir tant physiquement que moralement…

Soumise à un tel traitement, la belle jeune fille ne fut rapidement plus que l’ombre d’elle-même et mourut dans les affres de la peur, de la faim et du désespoir au bout de quelques mois. D’après la légende, cela arriva par une nuit d’automne, alors que la pleine lune jouait à cache-cache avec de lourds et noirs nuages courant dans le ciel. Ce soir-là, les habitants du village virent, assure-t-on, une merveilleuse apparition rayonnante assise sur les créneaux de la tour Mal-Coiffée.

Ce fut la première apparition de la Dame Blanche de Veauce, mais pas la dernière, car sa charmante silhouette fantôme continue à hanter le château vers minuit, et plus particulièrement la salle des gardes de la tour de l’Horloge et le chemin de ronde, qui va de la tour de l’Horloge à la prison de la tour Mal-Coiffée.

L’histoire se termine là car personne n’a connu la réaction du Seigneur à son retour de guerre, ni ce que fit la baronne du cadavre de Lucie… on pensa dans le village que la baronne jeta en cette année 1560 le corps de la malheureuse dans les oubliettes de la Tour…

Au fil des ans, des rumeurs ont parlé de ce fantôme. Certains ont assuré avoir aperçu cette blanche silhouette qui rappelle que, voici plus de quatre siècles se déroula, en ces lieux plutôt sinistres qu’est la Tout-prison Mal-Coiffée, un drame de la passion, de la jalousie et de la haine. Une jeune petite effrontée opportuniste avait chèrement payé sa croyance en l’amour miracle…

Que dit l’Histoire au sujet de ce fantôme ?

le baron Amable de Blich racontait, dans une lettre écrite au 17e siècle, avoir vue et entendue sangloter une silhouette lumineuse féminine. Le curé de la paroisse avait noté au 19e siècle qu’un valet d’écurie nommé Denis Vincent avait vu sa torche éteinte et il avait, dans le même temps, senti une force inconnue le flanquer contre un mur, avant d’observer le passage d’une silhouette lumineuse de femme.

En 1963, un psychiatre venu de Francfort était accompagné de son chien, dans la nuit, sur le chemin de ronde, peut-être pour se donner du courage. Il avait pour nom docteur Rudolph SchmidtSon chien se mit à hurler à la mort et, sur le mur, il discerna une forme lumineuse. Il actionna un appareil photo. Il n’y eut rien sur la pellicule pourtant ultrasensible.

En 1967, un radiesthésiste écossais de Glasgow, nommé John MacCain, contait qu’il avait observé un étrange phénomène entre minuit et 1 heure du matin. Il avait apporté avec lui des souris hypersensibles. Soudain, elles manifestaient un affolement incompréhensible.

Plus tard, un habitant du Chili, attiré par les TV et les comptes rendus des journaux, débarqua à Veauce. Il prétendit avoir entendu des bruits qu’il qualifia de « toutes sortes de gémissements ». Un spécialiste des phénomènes électromagnétiques vint depuis Los Angeles. C’était en décembre 1971Sur ses appareils, il enregistra, assura-t-il, le passage d’ondes non identifiées.
Plusieurs familles illustres se sont succédé de 1700 à 1970 dans le château : Chauvigny de Blot, Le Loup, Du Buysson, les Cadier de Veauce (une des plus anciennes familles du Bourbonnais, qui conservera le domaine jusqu’en 1970).

Alors un certain Éphraïm Tagori de la Tour, qui se donnera lui-même le titre de baron de Veauce, acheta le domaine en 1970, s’y installa, mais n’avait pas la fortune nécessaire pour entretenir les bâtiments et en aménager l’intérieur. Tagori de la Tour, né à Jérusalem, en Palestine, fit des études d’ingénieur et acquit un diplôme d’ingénieur de l’armement. Par la suite, il devint plutôt mercenaire-aventurier car on le retrouva général chez les Russes, participant à la bataille de Stalingrad puis officier dans l’armée anglaise. Juif, il participa aux côtés de Moshe Dayan à la guerre des Six-Jours. Comment se retrouva-t-il à Veauce et réussit-il a acheter le château à l’ancienne famille bourbonnaise ? C’est resté un mystère. Pour les habitants de cette petite bourgade, c’était un personnage hors du commun, surtout qu’avec son franc-parlé, il en rajoutait.

Les médias :

Dans les années 1980, le château de Veauce connut l’animation et la célébrité à cause ou grâce à Lucie. Le baron Tagori de la Tour avait alerté les médias et ceux-ci, friands de telles histoires, débarquèrent à Veauce. Tour à tour vinrent Antenne 2, TF1, FR3 et une multitude de journalistes parisiens et de province.
À cette période, s’efforçant de trouver de l’argent pour entretenir et assurer son statut, le baron organisait à la belle saison des visites du château et, dans les locaux, des expositions de peintures. Et le fantôme était au centre de la plupart des conversations. A tel point qu’à un moment donné, une fois par semaine, on allait sur le coup de 23 h 30 dans la tour Mal-Coiffée à la recherche de l’apparition de Lucie.

Un jour, un journaliste parisien, Jean-Yves Casgha, animateur sur France Inter de l’émission « Boulevard de l’étrange », et collaborant aussi à l’émission d’Anne Hoang sur TF1 intitulée « Contre-enquête » voulut en avoir le cœur net et tenter de démystifier l’histoire.

Il arriva au château avec deux équipes de reportage en août 1984. Dans la nuit du 8 au 9 août 1984, les techniciens placèrent douze micros tout au long du parcours suivi (à priori) par le fantôme. On y ajouta une caméra installée dans l’ancienne salle de garde. Dans l’obscurité la plus complète, chacun, à l’heure dite, se posta aux aguets, retenant son souffle.

L’attente ne fut pas très longue. Peu avant minuit, les témoins virent apparaître un point lumineux sur un mur du chemin de rondeCette lueur se mit à disparaître et à apparaître, jamais au même endroit, un peu plus loin, diminuant ou grandissant selon son déplacement. La lumière semblait sortir, jaillir de nulle part. Autrement dit, cette lumière n’avait pas de source, ni de rayonnement. Elle semblait sortir de nulle part et ne rien éclairer autour d’elleAu bout de vingt-cinq minutes, ce mystérieux phénomène s’est brusquement interrompu, la lumière s’est éteinte définitivement.

Les deux caméras avaient fonctionné. Le film n’enregistra rien, peut-être parce que le film n’était pas assez sensible à une aussi faible lumière. Quant aux appareils de photos, seules quatre pellicules furent très vaguement impressionnées – ce qui est déjà ça. Le développement et le tirage allaient cependant révéler une légère silhouette. Était-ce celle de Lucie ? On ne peut que le supposer. Les journalistes et techniciens, impressionnés, affirmèrent qu’ils détenaient l’une des premières preuves physiques qu’un phénomène fantomatique existait bien, que des milliers de témoignages de part le monde et depuis des siècles étaient enfin validés par un appareillage fiable…

Témoignage du journaliste :

” À la base, je souhaitais dresser le portrait du baron. Cependant, à la faveur de la première soirée tandis que je dînais avec mes collaborateurs, j’ai proposé d’annuler la chambre d’hôtel pour passer la nuit au château.

À l’issue du repas, dès la fin de notre discussion, les ingénieurs du son procèdent à l’installation de leur matériel. Ceux-ci disposent çà et là toute une série de microphones afin d’enregistrer d’éventuels bruits étranges…

Les ingénieurs sont accompagnés par deux personnes qui vont jouer un rôle de choix au cours de la nuit. Il s’agit d’un médium prétendument capable de communiquer avec les défunts et de sa petite-fille.

Dans un silence de mort, les douze coups de minuits retentissent dans la pénombre de la grande salle que l’on appelle la salle « des pendus », car c’est ici qu’en 1789, les révolutionnaires locaux ont pendu les propriétaires des lieux… Tout le monde est dans l’expectative…

Tout d’un coup, une forme pâle apparaît près de la fenêtre. Sa taille est celle d’une chouette. Cette silhouette est tout d’abord visible par intermittence puis plus longuement durant un quart d’heure.

La surprise est totale, les seuls bruits proviennent des techniciens qui chuchotent. Une journaliste présente sur les lieux perd son sang-froid et s’exclame: « Mais c’est impossible ! ». Suite à cela, dans un silence de mort, la forme pâle se dirige en direction du chemin des rondes puis disparait.

Les techniciens ont juste le temps de prendre quelques photographies. Après examen, une silhouette blanche et vaporeuse est visible sur l’une de ces photos.

Exactement au même moment, un son perçant et suraigu semble provenir d’une autre pièce. L’ingénieur du son en charge d’effectuer la synchronisation des micros l’entend très clairement dans son casque, peu avant que le micro ne s’éteigne définitivement !

Apeuré, il se joint alors à l’équipe, mais aucun d’entre eux n’a entendu ce bruit étrange. ”

Mais évidemment, des sceptiques et des gens très conservateurs et effrayés par une telle possibilité firent selon leurs propres croyances : réussir à imiter et truquer un phénomène (naturel ou non) suffit à démontrer le fait qu’il s’agit d’une invention, création humaine et non un phénomène physique inconnu ou surnaturel… c’est un raisonnement évidemment faux et stupide en soit, mais ça marche aussi pour les crédules qu’il faut rassurer… l’argument principal fut que la nuit du 8 au 9 août 1984 était aussi une nuit de presque pleine Lune, la phase lunaire étant croissante au dernier quartier, et que c’était “probablement” un reflet lunaire à travers les meurtrières du chemin de ronde qui était la cause de cette lumière fantomatique… voilà une affirmation facile (sans vérifier la position lunaire ni l’heure du lever de la Lune, ni sa position éventuelle dans le ciel) qui suffit bien souvent aux sceptiques et zététiciens de tous poils (qui se font d’ailleurs pour certains de l’argent avec ces affirmations faciles !) pour repousser un tel phénomène ou un autre… et rassurer les crédules et en retardant ainsi parfois l’étude sérieux de certains phénomènes peu connus ou restant à découvrir, et ceci sans plus de matières scientifiques que les parapsycologues qu’ils mettent en doute, car ils utilisent en fait les mêmes méthodes…

Quant au baron, un homme peu impressionnable si l’on en juge par sa vie tourmentée de mercenaire, il vivait avec sa charmante femme, Denise, de quelque trente ans sa cadette, dans la partie opposée à la Tour. Ils étaient éloignés du chemin de ronde et de la Tour, parcours habituel du fantôme. II avait, selon ses dires, observé le phénomène au moins une centaine de fois. À chaque fois, il a essayé d’entrer en communication avec l’être qu’on suppose se manifester ainsi. Il a reconnu que, seul, dans le noir, dans ce château inhabité la nuit, il eut des frayeurs et, parfois, n’en menait pas large. Il y a tellement de bruits invraisemblables la nuit, venant de tous côtés, dans ces très vieilles demeures, que l’on peine à les identifier.

« J’ai, ajoutera-t-il, posé de loin des questions fort simples comme : Qui êtes-vous ? Que nous voulez-vous ? Une seule fois, j’ai cru, en 1972, entendre un long cri rauque paraissant venir de nulle part et qui m’a donné la chair de poule. J’ai pris mes jambes à mon cou. Jamais plus je n’ai tenté une semblable expérience et, de nuit, je n’ai plus remis les pieds sur le chemin de ronde. »

D’autres sont venus pour tenter de percer ce mystère, mais la curiosité s’estompa dans les années 1990, parce que le baron avait moins d’activité vu son grand âge. Ainsi, on parla beaucoup moins du fantôme.

Pour tous, c’était Lucie, même si les véritables historiens ne se hasardent pas sur son identité. Pour tous, c’est l’âme en peine de cette pauvre Lucie qui est supposée revenir hanter le château. Des gens du pays comme V. Richard, un chroniqueur local, vous racontent cette légende, et Lucie, ils l’ont baptisée la Dame blanche. Personne ne douta que ce fut son spectre que l’on pouvait supposer être sur la pellicule.

Epilogue :

Le baron est mort en 1998. Son épouse et leur fille demeurent à Versailles. Le baron s’y était ruiné, vendant tout son troupeau de bovins, pour remettre en état la tour et les toitures… Madame Elisabeth Mincer, propriétaire britannique actuelle, l’a acquis en 2002… elle affirme n’avoir jamais vu le fantôme, mais que plusieurs de ses invités l’ont effectivement aperçus selon leurs dires..

(source : https://www.sciences-faits-histoires.com)

Couleuvre – Où tu tomberas, Couleuvre sera

Couleuvre (www.saint-menoux.net)
Couleuvre (httplogs.surnateum.com)
Couleuvre (www.couleuvre-troncais.fr)

Situation

Couleuvre est à 39.3 km au nord-ouest de Moulins et à 48.6 km au nord-est de Montluçon

Légendes

Couleuvre serait construit en un lieu où tomba le serpent que Menuphe lança dans les airs en disant : “Où tu tomberas, Couleuvre sera”. Ce lieu serait resté infesté de reptiles jusqu’au jour où Saint Julien les chassa par des signes de croix. Il s’établit en ce lieu et fit jaillir une source : la Font Saint Julien, puis il décida de construire une église.

Autres versions :

L’outil de celui qui avait bâti l’église de Franchesse écrasa, dans sa chute, un serpent, et c’est là que fut construite l’église de Couleuvre.

ou

Le maçon qui venait de terminer l’église de Pouzy trouva un gros serpent qui lui disputait l’eau de son mortier et lui tirait la langue. Ce maçon le saisit avec son bâton qu’il lança au loin, en précisant que : “Là où tu tomberas, vilaine bête, tu marqueras l’emplacement d’une église que j’irai bâtir, et je lui donnerai ton nom”.

ou alors

Lorsque Saint Menuphe revint à pied de Rome pour regagner Quimper-Corentin en Bretagne, il était fatigué en arrivant au village de Mailly-les-roses, sur les bords de l’Ours. Il s’y reposa, puis s’y fixa définitivement. Tout le pays comprit très vite que le personnage était envoyé de Dieu, car il accomplissait de nombreux miracles. Or, dans ce village, avant qu’il n’ait changé ce joli nom fleuri contre Saint Menoux, il y avait une fontaine où tous les gens allaient puiser de l’eau. Des ménagères arrivant un jour devant la source, aperçurent un gros serpent qui sortait sa tête de l’eau, sa gueule laissant voir ces crochets menaçants. Les femmes ayant eu très peur, s’enfuirent et allèrent trouver Menuphe pour lui demander de faire disparaître ce serpent. Le Saint se rendit à la fontaine, y plongea son bâton autour duquel le serpent s’enroula. Une fois sorti de l’eau, il le lança en l’air en disant : “Où tu tomberas, Couleuvre sera“. La bête alla tomber à plusieurs lieues, dans un endroit désert, tout près d’un grand massif forestier. Le serpent se mit à proliférer et attirer vipères et crapauds. Il y en avait tellement que l’on fit appel à un certain Julien qui avait un tel pouvoir magique qu’il fit disparaître toutes les vilaines bêtes. Il fît ensuite jaillir une source, puis demanda aux gens du pays de l’aider à ériger une église autour de laquelle des maisons se sont construites. Et ainsi naquit Couleuvre.

(source :www.couleuvre-troncais.fr)

Les environs

Couleuvre – église Saint-Julien dans le bourg

Lurcy Levis – Street Art City à 6 km au nord

Forêt de Tronçais – Rond Gardien à 14.1 km à l’ouest

Vitray – La maison du loup

Adresse :
Téléphone :
Courriel :
Site internet :

Vitray - La maison du loup (locations.filmfrance.net)

Vitray - La maison du loup (Semaine de l'Allier 20 février 2020)

Vitray -La maison du loup (Semaine de l'Allier 20 février 2020)

Situation

Histoire

Les environs

Néris les Bains – La Bonne Dame de Péracier

(gravure de Ferdinand Dubreuil)
(gravure de Ferdinand Dubreuil)

LA BONNE DAME DE PERASSIER

En sortant de Néris par la route de Montluçon, tournez à droite peu avant le viaduc, prenez le chemin des Billoux, descendez au fond d’une gorge assez pittoresque, traversez le ruisseau et remontez une côte fort escarpée. Ce chemin conduit à l’étang de Ménevault et aux beaux arbres de la vallée de Sainte Agathe. Mais avant d’arrivée à Ménevault, vous apercevez une porte à demi ruinée, en haut de laquelle subsistait encore, il y quelques années, un écusson, une couronne, quelque chose qui reporte vers les temps anciens. Cette porte était celle de la cour du château de Pérassier.
A côté se montrent un massif d’arbres, une masure et quelques animaux jouant sur du fumier. Mais derrière cette masure, on trouve la ferme avec des ombrages plus touffus, des fossés remplis d’eau trop paisible, une tour carrée qui semble rester debout pour faire regretter ce qui est tombé. On sait mal quelle a été la destinée du château, ni le nom des anciens maîtres ; c’était un beau château cependant. La tour même, les restes de la porte, les fossés avec le pont qui subsiste encore, les murs crénelés au long desquels on passe en allant à Ménevault, attestent une ancienne existence aujourd’hui oubliée. Cependant de belles et nobles choses se sont probablement passées en ce lieu, car si l’en croit une vieille tradition, c’est là que Gabrielle Bartine, cette jolie damoiselle qui avait mérité l’inconstante tendresse de Charles II, le duc cardinal et l’archevêque guerrier, se serait retirée pour élever sa fille Isabelle. Ces chemins que les chevaux du pays franchissent aujourd’hui avec peine, ces cours métamorphosées en vergers, ces murailles dont il reste seulement une porte et quelques créneaux, retentissaient des chants de fêtes, des appels de chasse, et quelquefois des bruits de guerre.
Les belles et nobles choses qui se sont passées en ces lieux sont complètement oubliées, on ignore même les noms des seigneurs qui y ont commandé, seule persiste une vieille légende du moyen âge : cette légende de grâce et de bonté immortalise le souvenir d’une des premières châtelaines ; son nom à elle n’a pas disparu car aujourd’hui, comme jadis, on l’appelle la bonne dame de Pérassier.
C’était vers l’an 1100, il y avait alors au château de Pérassier un seigneur, homme violent et brutal comme l’on en vit peu : son coeur était aussi dur que son poignet accoutumé à manier le fer, il en tirait d’ailleurs vanité, disant que suivant la devise de ses ancêtres, il était : per acier, pareil à l’acier. Il n’était heureux que lorsqu’il guerroyait avec ses voisins, quand il courait le sanglier dans les bois, ou qu’il suivait la chasse au faucon avec les seigneurs d’alentours.
Son épouse était la jolie Pernelle, mais plus belle que son visage était son âme où régnait la bonté et la compatissance. Elle avait si grande charité qu’elle passait tout le long des jours, et même une partie des nuits, à travailler pour les pauvres. Aussi dans le pays ne la nommait-on pas autrement que la bonne dame de Pérassier. La méchanceté de son époux lui mettait beaucoup de deuil dans le coeur, mais elle souffrait en silence.
Souvent la bonne dame descendait au village voisin pour visiter les pauvres et leur porter avec de bonnes paroles, toutes sortes de provisions en pain, viandes, vin, linge, remèdes, etc… C’était à l’insu de son mari qu’elle exerçait toutes ces belles oeuvres de miséricorde. Le sire de Pérassier s’en étant aperçu, lui défendit, sous les plus cruelles menaces, de ne rien donner aux pauvres à l’avenir. Et la bonne dame de pleurer ! Mais elle était si dévouée et si bonne, qu’après quelques jours elle reprit ses habitudes.
Un jour, c’était pendant l’hiver, la bonne dame partait, ayant son tablier tout rempli de provisions pour ses bien-aimés pauvres et ses chers malades. “Ils sont par cet hiver grandement malheureux, pensait-elle, on ne saurait trop se hâter de leur porter secours”.
Mais au tournant du pont-levis, elle se trouva malencontreusement face à face avec le seigneur châtelain qui rentrait tout courroucé d’une chasse infructueuse.
“Qui vous fait sortir de si bonne heure, Madame, vous qui d’habitude à ce moment ne quittez guère votre livre d’heures” ?”
– Mon ami, j’allais au devant de vous.
– Voyons, que portez vous donc dans votre devantière, vous êtes chargées comme une pauvre paysanne !”
Toute décontenancée, la bonne dame ne sait que répondre, et, baissant les yeux, elle balbutie :
“Ce sont des roses que je porte à mon amie la dame de Cerclier.
-Oui-dà, répartit avec ironie le sire de Pérassier, des roses en plein hiver, c’est là belle merveille que je serais bien aise de contempler.”
Et d’un geste brusque, il écarte le vêtement que la bonne dame toute tremblante retenait à deux mains.
Mais – ô prodige – de la devantière ouverte coule une brassée de fleurs, et la terre, en ce moment couverte de neige, se trouve parsemée de roses odorantes et vermeilles, comme oncques n’en vit de semblables dans la saison du plus doux printemps.
Le sire, pénétré d’admiration, prit une des roses et la fixa sur son coeur en disant : “Continuez vos bonnes actions, ma douce amie, car je vois qu’elles plaisent à Dieu, et que grâce à vous il me sera beaucoup pardonné”. Et depuis ce moment il devint pieux, et se montra doux et affable envers son épouse et ses serviteurs.

Pernelle fut bien heureuse de ce changement, et vécut le reste de ses jours en grand honneur et bonheur.
Au bout de plus de huit siècles, son souvenir ne s’est pas perdu et aujourd’hui encore, au tournant de l’ancien pont-levis du château, un buisson de roses, odorantes et vermeilles, nous rappelle la belle âme et le doux sourire de celle qu’on appellera toujours la bonne dame de Pérassier.
(Extrait de “LEGENDES BOURBONNAISES”. Texte du docteur Piquand)

Colombier – La légende de Saint-Patrocle

Epoque :  – Protection :
Propriétaire :
Visite :
Dates et horaires :
Adresse :
Téléphone :
Courriel :
Site internet :

Colombier - Saint-Patrocle (© christian FELBACQ)
Colombier - Saint-Patrocle (La Montagne - © Droits réservés )

Actualités : histoire d'une fontaine intarissable

Colombier - Saint-Patrocle (Semaine de l'Allier du 18 juillet 2019)

Actualités : La source Saint-Patrocle a été l’objet d’une étude de la Drac visant à en établir une datation

Colombier - Saint-Patrocle (La Montagne © Photo Cécile Champagnat)

Situation

Histoire

Outre l’église, la dévotion à saint Patrocle se centre sur la fontaine. Cette eau, toujours fraîche, est réputée avoir des vertus thérapeutiques. La légende rapporte que celui-ci manquant d’eau lorsqu’il construisit le monastère, il lança un marteau de telle force qu’il retomba à près de 300 mètres en créant la source. D’autres appellent l’endroit “le marteau de Thor”. Pourtant, c’est Sucellus, le dieu gaulois, qui aurait été le mieux placé : “Sucellus, dieu au maillet et au chaudron, protecteur de la fécondité, il fait jaillir les sources sylvestres en frappant le sol de sa masse. Il a été assimilé à Sylvain ou à Vulcain. On le représente sous la forme d’un vieillard ou d’un homme d’âge mûr, vêtu à la gauloise d’une tunique à capuche, de braies et de bottes, et portant un maillet et parfois un chaudron, souvent accompagné d’un chien. Il est souvent accompagné de la déesse Nantosvelta. Contrairement aux autres dieux gaulois, qui ont leur équivalent en Irlande et au pays de Galles, on ne le trouve qu’en Gaule. “La source est réputée pour la guérison des maladies de peau et pour que les jeunes filles à marier trouvent un partenaire. Il suffit pour cela qu’elles trempent leur pied droit deux fois dans le dernier bassin. Une procession à la fontaine a lieu le dernier Dimanche de Juillet. Le pèlerinage à Saint Patrocle, survivance probable d’un culte gaulois, n’a cessé qu’en 1970.

Les environs

Tronçais – le pas de la mule – le pendu

Epoque :  – Protection :
Propriétaire :
Visite :
Dates et horaires :
Adresse :
Téléphone :
Courriel :
Site internet :

le pas de la mule

Situation

La Forêt de Tronçais se trouve à 53 km à l’ouest de Moulins.

Le pas de la mule se trouve à 3 km au sud de Braize.

Histoire

Près du lieu-dit appelé aujourd’hui Le Pendu, à la sortie de la Forêt de Tronçais, en direction de Cérilly, une belle Forestière, Esther, était courtisée par deux jeunes hommes : Maurice et Jean. Ce dernier fit assassiner le père d’Esther pour faire retomber la responsabilité du crime sur Maurice qui fut condamné à être pendu !
Esther savait son fiancé innocent et, errant aux environs de Viljot, au comble du désespoir, elle se surprit à dire : “Satan ! Satan ! viens à mon secours…”. Et une voix lui répondit : “Que veux-tu ?”. C’était Satan lui-même.
Un marché fut conclu entre Satan et Esther et cette dernière ayant apporté la preuve du crime, au moment où Maurice allait être pendu, on fit arrêter Jean qui, après ses aveux, fut pendu haut et court. Mais Esther dut retrouver Satan à qui elle avait prêté serment… et son nouveau maître la changea en mule tandis que Maurice recherchait en vain sa fiancée disparue. Trois mois après cette disparition, un homme de haute taille voulut, auprès d’un maréchal, faire ferrer d’Or sa mule. Au cours de son travail, l’ouvrier fut surpris d’entendre l’animal lui dire : “Je suis une malheureuse jeune fille vendue au Diable afin de sauver mon fiancé innocent.”
Après ces propos, le maréchal exigea un prix très élevé pour le ferrage ; le Diable courroucé-car c’était bien lui le cavalier-donna un violent coup d’éperon à la mule. Sous l’effet de la douleur, la pauvre bête frappa si fortement de son sabot une grosse pierre placée derrière elle que le fer s’y grava et laissa son empreinte…on l’y voit toujours, au coin de la route de Montaloyer et du chemin qui conduit à l’église de Braize. On l’appelle dans le pays Le pas de la mule.
Maurice, alerté, suivit les traces de la mule jusqu’à la porte d’une taverne qui portait pour enseigne Les Chats Mignons… aujourd’hui Les Chamignoux. Maurice traita le Diable d’infâme menteur et, avec l’aide du maréchal-ferrant, le retint lorsqu’il voulut à nouveau enfourcher la mule. Sous l’effet des coups, Satan perdit ses droits et ses pouvoirs… Il libéra la mule, rendit à Maurice sa belle Forestière, puis s’enfuit dans la forêt…
Depuis lors, on a souvent essayé de combler le trou mystérieux du Pas de la Mule, mais chaque fois, il s’est trouvé vidé et nettoyé le lendemain.

Les environs

Tronçais – Le loup de Mazières

Epoque :  – Protection :
Propriétaire :
Visite :
Dates et horaires :
Adresse :
Téléphone :
Courriel :
Site internet :

Le Brethon - Mazières (PMSL)

Situation

La Forêt de Tronçais se trouve à 53 km à l’ouest de Moulins.

Le château de Mazières se trouve à 6 km à l’est de Cérilly.

Histoire

Le seigneur de Mazières était connu dans tout le pays d’alentour par ses excentricités et par sa férocité, qui l’avait fait surnommer Le Loup. Il ne pouvait supporter personne, mais il avait une aversion particulière pour les religieux ; cette haine cachait sûrement quelques secrets qu’on n’a jamais pu tirer au clair.
Lorsqu’un religieux se présentait au château, le seigneur le recevait avec la plus grande courtoisie ; souvent même, il l’admettait à sa table ; puis le repas fini, le châtelain, par manière de distraction, prenait son cheval et invitait le religieux à monter sur un autre que l’on tenait tout préparé; s’il refusait, le Loup le faisait hisser par ses domestiques. A peine le pauvre moine était-il en selle que la bête indomptée, voyant la porte ouverte, s’élançait hors de la cour et gagnait la forêt. Lorsqu’elle s’était débarrassée de son cavalier, elle revenait au château manger l’avoine qu’on lui avait préparée, tandis que le méchant seigneur savourait son crime.
Or, un certain jour, un malheureux moine fut précipité à demi-mort par le cheval fougueux dans un profond ravin. Il gisait là, près de mourir, lorsqu’un voyageur qui passait à travers le bois entendit sa plainte. L’étranger accourut vers lui, le releva, lui prodigua ses soins, et lui fit raconter la conduite infâme du seigneur de Mazières. Indigné d’une telle barbarie, l’inconnu jura qu’il empêcherait bien le monstre de recommencer. Il donna au religieux ses propres habits, pris sa robe de bure, et, après l’avoir prié de l’attendre là sans bouger, il alla demander l’hospitalité au châtelain de Mazières. Il fut reçu comme les autres et dîna avec le maître qui, le repas fini, monta sur sa bête et fit placer sur le cheval fougueux le timide religieux qui s’excusait de son inexpérience.
A la grande satisfaction du châtelain, le cheval partit ventre à terre, et l’on entendit pendant quelques instants les cris plaintifs du pauvre cavalier que sa monture entraînait à travers la forêt. Mais, cette fois, le loup avait affaire au renard. Le cavalier eut vite fait de maîtriser sa monture: en quelques minutes il avait rejoint le religieux, il le fit monter derrière lui et disparut à toute allure dans la profondeur du bois.
Le gros Le Mazières comprit qu’il avait été joué ; il crut l’avoir été par un moine, ce qui augmenta encore sa haine contre les gens d’Eglise. Pour comble de malheur, son beau cheval, harassé par les recherches qu’il avait faites, tomba malade et périt. Sa colère, alors, ne connut plus de bornes : il chercha un moyen de se venger. Il se procura de fortes boules de buis et il fit creuser dans la cour un trou profond ; puis il attendit ses victimes. Il attendit longtemps, à son gré. Enfin, un jour, un religieux vint lui demander l’hospitalité. Il le reçut d’une manière courtoise et l’invita à manger avec lui. Ses serviteurs étaient consternés ; Ils se demandaient quelle nouvelle infamie allait commettre leur seigneur. En effet, le repas fini, le châtelain fit enterrer jusqu’aux aisselles le moine, et il força ses gens à lui lancer des boules du buis comme à un jeu de quilles. Comme il s’apercevait que, émus de pitié, certains de ses serviteurs envoyaient leurs boules par côté et sans force, il prit son arquebuse et la déchargea sur eux.
Un grand nombre de moines périt de la sorte. Mais, un jour, un religieux rencontra un petit valet du château qui, battu au sang par le monstre, raconta les crimes épouvantables qui avaient été commis à Mazières depuis la perte de son cheval ; ce religieux se trouvait être précisément celui que Renard avait sauvé. Tout ému au récit de telles horreurs, il se rendit sur-le-champ auprès de son ami Renard et lui conta les atrocités du Loup de Mazières.
Renard, que révoltait tant de scélératesses, résolut de mettre un terme à ses crimes. Il connaissait un superbe cheval des plus dangereux, parce que, d’abord doux, il devenait bien vite féroce. Il l’acheta et alla l’offrir au gros Le Mazières, qui ne reconnut pas dans le maquignon sa victime manquée.
L’intraitable châtelain, trouva le cheval à son goût, le flatte, le monte, le promène dans sa cour ; La bête qui se voyait prisonnière demeure très sage. Mais, après que, ravi, le seigneur eut fait abaisser le pont-levis et ouvrir le portail, le cheval s’élança d’un bond et partit comme une bête en furie à travers la forêt.
Quelques jours plus tard, on trouva le méchant Loup de Mazières étendu mort dans un profond ravin où sa monture l’avait précipité : depuis ce temps, on l’appelle “Saloup”. Comme quoi, tôt ou tard, les méchants sont toujours punis.

Les environs

Lavoine – Rocher Saint-Vincent

Situation

Lavoine est situé à 35 km au sud-est de Vichy

Le Rocher Saint-Vincent et situé sur la D995, 2 km au nord de Lavoine

Histoire

Un jour qu’une pauvre fermière se trouvait là-haut avec son nouveau-né, elle se lamentait sur son sort en évoquant son manque d’argent. Soudain, le rocher s’ouvre, et laisse apparaître une caverne. La fermière s’y hasarde, et découvre à l’intérieur un fabuleux tas d’or. Elle dépose son nouveau-né sur le sol, et emplit son tablier d’écus d’or.
Bien vite, elle court au village pour déposer son butin, dans l’espoir de faire un autre voyage. Mais à son retour, la caverne s’est refermée, emprisonnant son bébé.
Durant un an, la malheureuse fille prie la Sainte Vierge pour retrouver son enfant vivant, promettant de restituer tout l’or qui n’est rien par rapport au bonheur d’être mère.
Un an plus tard, jour pour jour, elle se rend au Rocher saint Vincent, la caverne s’ouvre à nouveau, et elle retrouve son bébé vivant après avoir remis l’or maléfique à sa place…

Les environs

Ferrières sur Sichon – Château de Montgilbert à 11 km au nord

Ferrières sur Sichon – Le musée de Glozel à 11 km au nord

Puy de Montoncel – point culminant de l’Allier à 4 km au sud

Souvigny – Diaire le batisseur

Situation

Souvigny et sa Prieurale se situent à 12 km à l’ouest de Moulins

Histoire

Il s’appelait Diaire, était imagier, et appartenait à l’importante et ambulante corporation des sculpteurs qui ont ornés de statues le porche des cathédrales, décoré de gargouilles grimaçantes les frontons et chevets des églises, fleuri de dentelles et de pinacles l’entrée des chapelles. Ils ont également œuvré aux croix dressées aux carrefours des chemins. Malgré tout son savoir-faire et la qualité de son ouvrage, il errait à travers chemins pour trouver labeur qui lui permit de gagner son pain. Mais personne ne souhaitait de ses services. Quelquefois, quelques bonnes âmes lui permettaient de coucher dans une grange, ou d’avoir un morceau de pain dans le ventre.
Son moral était bien bas et lui, pieds nus et appuyé sur un bâton de fortune continuait à errer par monts et par vaux, espérant trouver travail et une certaine bienveillance. Il croisa un jour un homme d’armes, recruteur de mercenaires à la solde du sire d’Archambault. Ils continuèrent leur route ensemble et, au fil des discussions, Diaire se laissa séduire et convaincre par le soldat de s’engager. Enfin, il allait pouvoir dormir dans un lit ! Enfin, il allait pouvoir manger à sa fin !
Mais, il ne tarda pas à déchanter. Il constata rapidement que la plupart de ses camarades sortaient des bas-fonds du peuple, et possédaient en eux les plus viles instincts, conduits en plus par un tempérament impie et brutal. Ils étaient capables de se livrer à tous les méfaits, à toutes les débauches, à tous les crimes. Il n’avait pas sa place au milieu de ces gens grossiers, et il devint leur souffre-douleur et l’objet de leur mépris. Sa vie morale était battue en brèche. Comment faire pour sortir de cet enfer, pour rompre un engagement qu’il avait librement consenti ?
Un jour, un de ses chefs voulut qu’il pris part à une expédition malhonnête. Il refusa. Une violente querelle éclata entre les deux hommes, au cours de laquelle Diaire tua son supérieur. Il prit la fuite. Vivant de rien, traqué, mourant de faim, Diaire fuyait. La misère, la tristesse et la désespérance furent ses seuls compagnons. Un beau matin, il aperçut les tours du Prieuré de Souvigny. Il vit dans cette pieuse demeure un refuge inviolable.
Les religieux l’accueillirent comme un envoyé de Dieu, car c’est ainsi qu’ils considéraient les pauvres. Ils lui donnèrent à manger, à boire, le firent se reposer et refusèrent, invoquant le droit d’asile imprescriptible, de le livrer aux soldats de la cour prévôtale de Monseigneur le duc de Bourbon.
Le prieur demanda à Diaire de raconter ses mésaventures, ce que ce dernier s’empressa de faire avec foi, enthousiasme. Son métier n’était pas celui des armes, mais des arts. Décoré les cathédrales et les abbayes, voilà sa voie !
D’importants travaux étaient précisément en cours au prieuré. La vieille église Saint-Pierre se transformait en une église gothique. Les travaux, colossaux, étaient sous la direction du sous-prieur Guillaume de Longpont, à qui Diaire fut présenté. Ce dernier exposa longuement au saint homme son projet pour l’édifice et promis, une fois ses travaux terminés, de se rendre à la justice. Guillaume de Longpont partagea la foi de l’artiste, et lui donna sa chance. Il travailla de l’aube au crépuscule à l’achèvement de la flèche.
Des merveilles naquirent chaque jour sous ses outils. Avec une maîtrise doublée d’un talent prodigieux, il fouilla la pierre, la festonna d’arabesques, de guirlandes, d’entrelacs, de feuillages. Il attacha des gargouilles fantastiques et grimaçantes au bas des galeries. Leur laideur évoquait l’image du péché et contrastait avec les têtes d’anges, d’une exquise beauté, prodiguées sur les arêtes de la flèche. D’une main inlassable, conduite par son génie, Diaire ne cessait de créer de la splendeur.
Une fois les travaux terminés, fidèle à sa parole, il descendit de son échafaudage, dit adieu à ses bienfaiteurs et leur demanda de le livrer. Ils refusèrent, et se rendirent personnellement à Moulins où résidait le duc. Ils sollicitèrent la grâce de Diaire qu’ils obtinrent. Sauvé par son chef-d’œuvre, ce dernier demeura au monastère et prit l’habit, ce qui lui permit de contempler jusqu’à sa mort sa belle et haute flèche. Lorsqu’il arriva au Ciel, Saint-Pierre lui ouvrit toutes grandes les portes du Paradis, pour lui exprimer sa reconnaissance du clocher magnifique dont il avait doté son église de Souvigny.

(source : randos-allier.com)

Les environs

Bourbon l’Archambault – La Forteresse  à 13 km à l’ouest

Besson – château de Fourchaud à 10 km au sud

Saint-Menoux – Eglise à 7 km au nord