
Description
Création : 1597
Dissolution : 1794
Devise
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Liens Bourbonnais


Création : 1597
Dissolution : 1794
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d’azur semé de fleurs de lys d’or et à la bande de gueules
Espérance





Liens bourbonnais :
Pavillon Anne de Beaujeu à Moulins
Naissance : 1er décembre 1438 ( ?)
Décès : 10 octobre 1503 (Moulins)
Duc : 1488-1503
Père : Charles Ier de Bourbon
Mère : Agnès de Bourgogne
Femme : Anne de Beaujeu
Enfants : Charles (comte de Clermont)
Suzanne de Bourbon:
Sa Vie :
Pierre II de Beaujeu, né le 1er décembre 1438, mort dans son château de Moulins le 10 octobre 1503, fut duc de Bourbon et d’Auvergne de 1488 à sa mort. D’abord sire de Beaujeu, il reçut du roi une partie des biens des Armagnacs en 1472 (comté de la Marche, vicomté de Carlat et de Murat) puis devint, du fait de la mort de ses deux frères aînés, le chef de la maison de Bourbon et à ce titre duc de Bourbon et d’Auvergne, comte de Clermont, de Forez et de Gien et prince souverain de la principauté de Dombes. Il fut également grand chambrier de France, gouverneur du Languedoc et l’un des principaux conseillers des rois de France.
Le cadet au service du roi
Il était le troisième fils de Charles Ier, duc de Bourbon, et d’Agnès de Bourgogne. Ses étroits liens de parenté avec les ducs de Bourgogne le poussèrent dans un premier temps à s’opposer avec eux à la monarchie. Il participa ainsi à la Ligue du Bien public, mais Louis XI réussit à le détacher du parti des princes et le maria à sa fille Anne de France. Il combattit le comte d’Armagnac Jean V pour le roi, en Guyenne en 1472. Louis XI lui confia ensuite la lutte contre Jacques d’Armagnac, duc de Nemours et comte de la Marche, et lui donna le comté de la Marche en récompense. Beaujeu était alors l’un des principaux conseillers du souverain. Il fut aussi fait lieutenant général du royaume en 1482, lorsque Louis XI, très malade, se rendit en pèlerinage à Saint-Claude.
Le duc de Bourbon
En 1488, son frère ainé Jean II meurt. C’est leur frère Charles, cardinal archevêque de Lyon qui lui succède avant de mourir dans l’année. Pierre devient alors duc de Bourbon, d’Auvergne etc. Il réaffirme fortement son autorité sur ses États qui couvrent la majeure partie du massif central. Il procède à plusieurs réformes administratives. En dépit de ses fonctions à la cour royale, notamment lors des régences qu’il occupe avec sa femme, il refuse de s’absenter longtemps de ses terres et administre notamment le royaume depuis sa capitale, Moulins.
Pendant toute sa vie, il fut, avec sa femme un mécène actif. Il protégea ainsi le Maître de Moulins (Jean Hey). Il fit reconstruire une partie des châteaux de l’État bourbonnien, comme celui d’Aigueperse ou celui de Moulins.
Le conseiller du roi
Son épouse Anne fut régente du royaume pendant la minorité de son frère le roi Charles VIII. À la majorité du roi, il se retira dans ses terres préférant diriger sa propre cour qu’avoir un rôle subalterne à celle de France. Il déconseilla à Charles VIII de s’engager dans son expédition pour réclamer le royaume de Naples.
De son mariage en 1473, à Montrichard, avec Anne de France (1461-1522), fille de Louis XI, roi de France et de Charlotte de Savoie, il eut pour descendants :
-Charles, comte de Clermont (1476-1498)
-Suzanne (1491-1521), mariée à Charles III de Bourbon (1490-1527)
Après avoir rencontré le roi Louis XII à Mâcon au début du mois d’août 1503 avec son épouse Anne de France, Pierre II de Bourbon prit une fièvre. Deux mois plus tard, Anne aida son bon époux à rédiger son testament, le 6 octobre. Dans le palais ducal de Moulins, le duc reçut l’extrême-onction avec l’eucharistie et décéda le 10 octobre. Son cœur fut envoyé à la collégiale Notre-Dame de Moulins, alors que le corps fut inhumé dans la chapelle neuve du prieuré clunisien de Souvigny où sa fille puis son épouse le rejoignirent. Les funérailles furent somptueuses, en partie calquées sur le cérémonial royal, et attestent la puissance des ducs de Bourbon
Bibliographie
Pierre Pradel, Anne de France (1461-1522), 1986.
André Recoules, Le duc Pierre II de Bourbon, 1438-1503: le duc méconnu, 2008. :





Liens bourbonnais :
Quartier Villars (musée CNCS) à Moulins
Naissance : 8 mai 1653 à Moulins
Décès : 17 juin 1734 (à 81 ans) à Turin
Distinctions :Maréchal général des camps et armées du roi
Membre de l’Académie française (1714)
Hommages : nombreuses rues dans le Bourbonnais (Moulins -Montluçon)
Sa Vie
Issu d’une famille de petite noblesse récente (notables et négociants lyonnais, seigneurs de La Chapelle-Villars, sans lien avec les Thoire-Villars ni les Savoie-Villars), fils de Pierre de Villars et de Marie Gigault de Bellefonds, il est élève au collège de Juilly de 1664 à 1668. Il épouse en 1702, Jeanne Angélique Roque de Varengeville (1682–3 mai 1763), de cette union naît un fils en 1702, Honoré-Armand de Villars. Il se présente dans ses mémoires comme descendant d’une grande famille du Moyen Âge alors que sa famille originaire du Lyonnais a été anoblie en 1586.
Militaire et diplomate
Après de brillantes études au collège de Moulins, Louis-Hector, marquis de Villars, entre aux pages de la Grande Écurie en 1670, puis aux mousquetaires en 1671. Le 28 août 1674, il est fait mestre de camp d’un régiment de cavalerie de son nom, incorporé le 15 août 1679 dans le régiment de Beaupré. Son régiment est rétabli le 15 janvier 1684.
En 1687, en qualité d’envoyé officieux, il est dépêché à Munich en vue d’entamer des négociations avec l’électeur de Bavière pour le convaincre, en vain, d’infléchir sa politique dans un sens plus favorable aux intérêts français. Son ascension est favorisée par Madame de Maintenon qui contrecarre son opposant, le ministre Louvois. Dans les années précédant la guerre de Succession d’Espagne, il est envoyé extraordinaire à Vienne où son action est appréciée par Louis XIV.
Il se démet de son régiment le 20 août 1688, est fait brigadier de cavalerie le 24 août, puis Commissaire Général de la cavalerie le 2 septembre 1688.
Nommé lieutenant général des armées du roi le 30 mars 1693, il est employé à l’armée d’Allemagne où il obtient le commandement de la cavalerie le 27 avril. En 1696, il est employé à l’armée d’Italie où il commande la cavalerie par commission du 17 avril. Il commande encore la cavalerie à l’armée du Rhin en 1697.
Maréchal de France
Villars sert à l’armée d’Allemagne sous le maréchal de Catinat le 8 mai 1702, et prend le commandement d’un corps détaché de cette armée le 18 septembre, devant faire la jonction avec les troupes de l’Électeur. Il se rend à Huningue le 30 septembre où il se retranche, puis prend Neubourg, sur la droite du Rhin, avec mille hommes le 11 octobre à la faveur d’un renseignement ; cette prise ouvrait le Brisgau et menaçait les communications du prince de Bade avec Fribourg.
Après sa victoire sur le prince de Bade à la bataille de Friedlingen le 14 octobre, il devient maréchal de France par état du 20 octobre 1702. L’année suivante, il bat les Impériaux à Höchstädt. En mai 1703, déçu du manque de succès militaires significatifs depuis le début de la guerre et de l’échec des tentatives de désarmement des Cercles de Souabe et de Franconie, il propose à Louis XIV de revenir à la politique de la terre brûlée des décennies précédentes et d’ordonner de « dévaster » le pays.
En avril 1704, il part remplacer le maréchal de Montrevel dans la guerre contre les camisards afin de négocier la fin des combats6. Il est fait duc de Villars en 1705.
Le « vainqueur de Denain »
En 1709, il est blessé à la bataille de Malplaquet, où les alliés victorieux subissent plus de pertes que les Français vaincus. À la suite de cette action, il est fait pair de France.
En 1712, par sa victoire surprise de Denain, il sauve les armées de Louis XIV de la défaite. La même année, il devient gouverneur de Provence, fonction qu’il conservera jusqu’à sa mort, et à laquelle son fils lui succède.
Maréchal général de Louis XV
Il est élu membre de l’Académie française en 1714. De 1715 à 1718, sous la Régence, il préside le Conseil de la Guerre. En 1733, un an avant sa mort, il reçoit de Louis XV la dignité de maréchal général des camps et armées du roi, porté avant lui par Henri de La Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne. En 1734, Villars, encore vert à quatre-vingt-un ans prenait, en Italie, le commandement de 40 000 Français, de 12 000 Piémontais et de 21 000 Espagnols pour conquérir en trois mois le Milanais lors de la guerre de Succession de Pologne, il devait mourir dans son lit à Turin le 17 juin 1734.
Parmi les mots qu’on lui doit, quand il apprend que Berwick avait eu la tête emportée par un boulet lors du siège de Philippsburg, Villars dit ” Cet homme a toujours eu plus de chance que moi”.




Liens bourbonnais :
Naissance :10 janvier 1790 (Montluçon)
Décès : 10 juin 1877 (Doyet)
Le vicomte Amable Gaspard Henri de Courtais (ou Aimable), est une personnalité de la Deuxième République.
Biographie
Il appartenait à une famille bourbonnaise installée à Doyet depuis plusieurs générations, par le mariage de Gilbert de Courtais avec Isabeau de La Souche, héritière du fief et du château de la Souche. La famille possédait aussi à Doyet le château de la Chassignole. Il entre à l’École militaire de Fontainebleau le 26 avril 1807 et est nommé sous-lieutenant au 7e régiment de Dragons le 24 juillet 1809. Il participe aux dernières campagnes de l’Empire, puis sert dans l’armée de la Restauration avant de prendre sa retraite comme chef d’escadron de cavalerie le 29 juillet 1827. Député sous la Monarchie de Juillet (élu en 1842 et 1846), il siège parmi les républicains radicaux. Il est nommé général, commandant de la Garde nationale après la révolution de février 1848. Il est élu député à l’Assemblée nationale constituante en avril 1848. Son indécision face aux manifestants parisiens du 15 mai 1848, lui vaut d’être mis en accusation, démis de ses fonctions (le 26 mai), arrêté, et traduit devant la Haute Cour de Bourges pendant l’hiver 1849. Il est finalement acquitté et reprend son siège à l’Assemblée. Il se retire ensuite à Montfermeil. En 1871, il est élu conseiller général de l’Allier et devient président du conseil général. Il meurt le 10 juin 1877 à la Chassignole, à Doyet.
Ses mandats à l’Assemblée nationale ou à la Chambre des députés
Régime politique : Monarchie de Juillet – Chambre des députés Mandat : du 9 juillet 1842 au 6 juillet 1846
Groupe : Extrême gauche
Régime politique : Monarchie de Juillet – Chambre des députés Mandat : du 1er août 1846 au 24 février 1848
Groupe : Extrême gauche
Régime politique : Deuxième République
Mandat : du 23 avril 1848 au 26 mai 1849
Groupe : Gauche
Bibliographie
-Lourtioux, Le Général du peuple. Vie du général de Courtais ; A. Thorinaud, 1902.
-Jean Cornillon, Deux bienfaiteurs de l’Humanité : le général Amable-Gaspard-Henri de Courtais et sa femme, née Marie-Pierre-Anne-Félicité-Rosalie Buhot, Bull. Amis de Montluçon, no 15, 1931.
-Ferdinand Dubreuil, J’ai vu mourir sainte Barbe au pays des mineurs, 1952.
-Georges Rougeron, Amable-Gaspard-Henri de Courtais, Montluçon : 1967.
-Monique Kuntz et G. Frélastre, Hommes et femmes célèbres de l’Allier, Bonneton,1995.
Hommages
Le principal boulevard de Montluçon, qui ceinture la vieille ville à l’ouest, au sud et à l’est, porte son nom. Un boulevard l’honore également à Moulins. Un monument rappelle son souvenir à Doyet, sur la place du village.






Liens bourbonnais :
Naissance : 962 probablement à Saint-Cirgues, (Haute-Loire)
Décès :31 décembre 1048 (86 ans) à Souvigny
Ordre : Ordre de Saint-Benoît
Sa Vie :
Saint Odilon de Cluny (parfois connu comme Odilon de Mercœur), né vers 962 au château de Mercœur près de Saint-Cirgues dans la Haute-Loire (France) et décédé le 31 décembre 1048 au prieuré de Souvigny fut le cinquième abbé de Cluny. Sous son abbatiat se développe un ‘ordre clunisien’ qui acquiert une grande influence religieuse et puissance politique. Il est enterré à Souvigny
C’est un fils de la famille seigneuriale de Mercœur en Auvergne, branche de la famille des comtes d’Auvergne, dont les terres se trouvaient sur les plateaux situés de part et d’autre de l’Allier entre Brioude et Langeac. Il commence ses études comme chanoine à l’église Saint-Julien de Brioude. En 991, Mayeul, quatrième abbé de Cluny l’attire à l’abbaye où il enseigne les novices. Il devient son coadjuteur peu avant sa mort.
Il est élu cinquième abbé de Cluny en 994, à la mort de Mayeul. Il va terminer entre 1002 et 1018 l’église Saint-Pierre-le-Vieil ou Cluny II. En fait, il a été élu abbé vers 990, du vivant de l’abbé Maïolus (Mayeul), en présence de l’archevêque de Lyon, Burchard, de l’évêque de Genève, Hugues et de l’évêque de Grenoble, Isarn.
Dans son développement de la « réforme clunisienne » il augmente le nombre de monastères affiliés à Cluny jusqu’à 68. Il séjourne régulièrement à l’abbaye de Romainmôtier dont il devient l’abbé. À celle de Payerne, il y exerce tous les pouvoirs qui sont attachés à la dignité d’abbé et est souvent désigné comme abbé de Payerne, bien qu’aucune source n’atteste ce propos.
Il est le principal organisateur de l’empire religieux de Cluny, avec ses monastères affiliés. Avec l’appui du pape, il étend l’ordre clunisien au-delà des Pyrénées et du Rhin.
Le 5 mai 999, il reçoit le prieuré de Paray-le-Monial des mains d’Hugues de Chalon, comte de Chalon et évêque d’Auxerre, en présence de trois évêques, du roi de France Robert II de France, dit ‘le-Pieux’, ainsi que du duc de Bourgogne Henri Ier de Bourgogne lors d’une grande cérémonie en l’Abbaye Saint-Marcel-lès-Chalon
Cet accroissement de la puissance de l’ordre de Cluny et l’indépendance juridictionnelle de l’abbaye va créer un conflit avec les évêques au moment où Odilon tente de rattacher l’abbaye de Vézelay à l’ordre clunisien. Au cours du concile d’Anse en 1025, les évêques rappellent que les abbayes dépendent de l’évêque du diocèse où elles sont situées, conformément aux décisions du concile de Chalcédoine. Le pape rappelle sa primauté dans l’Église en 1027. Adalbéron de Laon raille le “roi Odilon”. Sur les conseils de Guillaume de Volpiano, Odilon renonce au rattachement de l’abbaye de Vézelay à celle de Cluny. Finalement ce rattachement sera fait plus tard, vers 1058, par Hugues de Semur.
Le 14 septembre 1025, il fonde avec sa famille le prieuré Sainte-Croix de Lavoûte-Chilhac.
En 1027, il est présent au couronnement impérial de Conrad II à Rome.
En 1037 il introduit la « Paix de Dieu » à Lausanne. Il réunit autour d’Hugues de Bourgogne, l’ordinaire du lieu, différents prélats et seigneurs des environs afin de signer une trêve qui durera neuf mois1.
À la mort d’Odilon, l’ordre de Cluny compte environ 70 prieurés et abbayes.
On lui attribue des pouvoirs thaumaturges, avec la guérison d’un aveugle, et d’autres miracles comme la transformation de l’eau en vin. Ces miracles suscitent de nombreuses vocations et de nombreux dons, à l’avantage de Cluny. Il est à l’un des promoteurs de la Paix de Dieu et de la Trêve de Dieu ainsi que de la commémoration liturgique des morts, célébrée au lendemain de la fête de la Toussaint, le 2 novembre (cette fête est célébrée pour la première fois le 2 novembre 998).
Pour secourir les pauvres, il n’hésite pas à sacrifier une partie du trésor de son Ordre, déjà bien pourvu à l’époque. Il refuse en 1031 l’archevêché de Lyon. Sa pensée théologique a laissé, à Cluny, une empreinte importante même après sa mort, en 1049. Hugues de Semur lui succéda à la tête de l’abbaye. Odilon est décrit comme « un petit homme maigre et nerveux […] Peu éloquent, aimant l’autorité et ne le cachant pas, jaloux de ses prérogatives, il fut un chef très énergique et un organisateur inégalable. Mais il sut aussi être doux et charitable et il lui arriva souvent de comprendre, mieux que ses contemporains, les problèmes de son époque. »
Il est également décrit par son disciple jotsald comme un homme: “de taille moyenne, regard plein d’autorité et de grâce, visage souriant, doux aux humbles, mais terrible aux superbes. Il était maigre et pale avec une démarche grave et des gestes tranquilles. Sa voix était harmonieuse et forte, et il savait aussi bien se taire que parler à propos. Chef prudent et juste toujours à la recherche du vrai[…] conseiller des princes et des papes il était le médiateur par excellence[…] pour les coupables il n’était pas un juge mais un médecin”
Il repose aujourd’hui dans l’église prieurale de Souvigny où il gît aux côtés de saint Maïeul de Cluny (son prédécesseur, quatrième abbé de Cluny, mort en 994). Les sondages et les fouilles archéologiques menés entre novembre 2001 et janvier 2002 ont mis au jour leurs sépultures oubliées depuis les déprédations de la Révolution française.
Fêté les 31 décembre ou 1er janvier (date retenue au martyrologe romain)
(source : “wikipédia”)





Naissance : 910 à Valensole
Décès : 994 à Souvigny
4° Abbé de Cluny
Ordre : Ordre de Saint-Benoît
Sa Vie :
Saint Mayeul de Cluny (ou de Forcalquier) est né vers 910 à Valensole, en Provence orientale, et mort en 994 à Souvigny. Il était le quatrième abbé de Cluny. Pendant ses quarante années d’abbatiat, ses liens avec le Saint-Empire favorisèrent l’extension de l’Ecclesia Cluniacensis vers l’est. Il fut certainement l’un des conseillers écoutés d’Hugues Capet, duc puis roi des Francs, ce qui lui permit de réformer des monastères et d’y placer des abbés réguliers. Enfin, il poursuivit les relations qu’Odon avait nouées avec la papauté. Le destin de Mayeul est exceptionnel. Il fut spontanément reconnu comme saint immédiatement après sa mort, et son culte, qui constitua le premier grand culte abbatial clunisien, fut l’un des plus importants du Moyen Âge et persista au Puy et à Souvigny jusqu’à la Révolution. Il est fêté le 11 mai.
Une formation d’ecclésiastique
Mayeul naît à Valensole en 910 dans une riche famille alleutière de Haute-Provence. Dans son enfance en 916-918, il fuit avec les siens la Provence ravagée par les guerres féodales entre les familles nobles provençales et les familles bourguignonnes amenées en Provence en 911 par Hugues d’Arles, conflits au cours desquels ses parents trouvent la mort. Il se réfugie en Bourgogne, à Mâcon. Il entre dans le clergé séculier, étudie à Lyon, devient ensuite chanoine de la cathédrale Saint-Vincent de Mâcon, puis archidiacre. En 930, il refuse l’archevêché de Besançon.
Son ascension
Ce n’est que dix ans plus tard qu’il rentre comme moine à Cluny, où il prononce ses vœux en 943 ou 944. Il exerce alors la fonction d’« armarius » (garde des livres et maître des cérémonies).
En 948, l’abbé Aymard de Cluny, devenu aveugle, lui laisse diriger le monastère comme coadjuteur. Aymard démissionne de sa charge d’abbé en 954, ouvrant 40 ans d’abbatiat à Mayeul. Ses bonnes relations avec Adélaïde, sœur du roi de Bourgogne Conrad le Pacifique (937-993) et épouse du roi de Germanie Otton Ier, empereur dès 962, lui confèrent une certaine influence tant à sa cour qu’à celle de son fils Otton II du Saint-Empire. Il intervient jusque dans des querelles privées de la famille impériale, ce qui lui valut de se voir proposer le siège pontifical après la mort de Benoît VI ou Benoît VII, siège qu’il refusa, se jugeant plus utile au milieu de ses moines.
Le rayonnement de Cluny sous Mayeul
Mayeul prit à cœur le développement financier de l’abbaye, gérant avec soin les donations qui affluaient vers un abbé dont le renom était immense. En tout, environ 900 villages, droits et revenus paroissiaux, dîmes, etc., des alentours de Cluny, des régions de la Loire, du Bourbonnais, du Nivernais, des vallées de la Saône et du Rhône enrichirent le patrimoine de l’abbaye. Ces donations sont, pour nombre d’entre elles, liées à l’organisation nouvelle de la mémoire des morts. Le culte qui leur est consacré prend à Cluny une grande importance. Outre les moines, il s’adresse aussi aux bienfaiteurs du monastère. À cette époque, le bourg de Cluny, alors situé au nord-ouest de l’abbaye, se développe et se dote d’une église. Il dépend de l’abbaye, véritable seigneurie incluant probablement une cour de justice.
Dès 967, Mayeul poursuit également l’œuvre de réforme initiée par Odon, instaurant la règle bénédictine dans de nombreux monastères, renforçant ainsi l’influence de Cluny en Occident. Il diffuse ainsi la religion clunisienne dans des régions éloignées, comme Pavie qui la propagera à son tour. Avec lui, l’Ecclesia Cluniacensis, débutée avec Odon, connaît un essor important assuré par le contrôle étroit de Cluny sur l’ensemble des monastères qui lui sont liés. Les trois monastères de Cluny, Souvigny et Charlieu en forment alors le cœur. Mayeul possédait une grande culture et les copistes du scriptorium de Cluny furent très actifs pendant son long abbatiat.
L’abbaye devenue trop petite pour la communauté grandissante, Mayeul engage de nouveaux travaux à Cluny en 955. L’édification d’une nouvelle église, Saint-Pierre le Vieil (Cluny II) est entreprise. Elle sera dédicacée le 14 février 981 par l’archevêque de Lyon.
Lors de l’un de ses voyages à Rome, il ramène avec lui Guillaume de Volpiano. Quoique profondément attaché à sa recrue, Mayeul préfèrera Odilon pour lui succéder à Cluny, confiant au premier l’abbaye Saint-Bénigne de Dijon d’où il réforma de nombreux monastères notamment en Normandie.
Sa capture par les Sarrasins et la libération de la Provence
En juillet 972, sa capture dans les Alpes et plus précisément dans les environs d’Orsières par les Sarrasins de Fraxinetum, entraîne une mobilisation générale de l’aristocratie provençale autour du Guillaume Ier de Provence. De nombreux objets de culte et d’orfèvrerie du trésor de Cluny furent fondus pour payer sa rançon. Dès sa libération, le comte Guillaume de Provence organise « au nom de Mayeul » une guerre de libération contre les Sarrasins, qu’il chasse de Provence après la bataille de Tourtour (973). En 993, ce même prince, se sentant mourir le fait appeler à Avignon pour soulager son âme et donner ou restituer à l’abbaye de Cluny plusieurs domaines.
La fin de sa vie
Appelé par Hugues Capet à réformer Saint-Denis, Mayeul s’éteint en route le 11 mai 994, au prieuré de Souvigny où il est enterré. Le roi prend en charge ses funérailles.
Avant sa mort, il avait fait élire Odilon pour diriger la destinée de l’abbaye. Mayeul fut l’organisateur de la réforme monastique au Xe siècle : il fut un personnage « ferme, austère, brillant et séduisant ».
Le culte de saint Mayeul
Le culte de saint Mayeul a revêtu une importance considérable au Moyen Âge en Occident. La reconnaissance de la sainteté de Mayeul est attestée dans les premières années qui suivent sa mort :
Dès 996, le roi de France Hugues Capet se rend en pèlerinage à Souvigny sur son tombeau.
La bulle d’exemption délivrée par le Pape Grégoire V le 22 avril 998 évoque « la bienheureuse mémoire de saint Mayeul » ce qui constitue une sorte de « brevet » de sainteté.
En 999, une chapelle du monastère Sainte-Marie de Pavie est placée sous le vocable de saint Mayeul ; ce vocable est étendu par la suite à l’ensemble du monastère.
L’arrêt à Souvigny de Robert le Pieux, roi de France en 1019-1020, atteste un pèlerinage désormais bien établi.
Son culte se répand jusqu’en Bretagne (Saint-Mayeux, Côtes d’Armor) et dans le Jura (Chapois) et le Lyonnais (Ternay, Rhône).
Libérateur de la Provence grâce à la guerre menée en son nom contre les Sarrasins, il est aussi, dans la perspective clunisienne, « le premier abbé » de Cluny reconnu comme saint, figure emblématique de l’église clunisienne affranchie de la tutelle des laïcs et des évêques.
En 2016, l’évêque de Moulins décide, avec l’appui d’une équipe de bénévoles, de relancer le pèlerinage multicentenaire sur les tombes des abbés Mayeul et Odilon, à l’occasion de l’Année de la miséricorde.
