Epoque :  milieu du XVIII°- Protection : MH (1946)
Concepteur : Louis de Régemortes
Longueur  : 301.50m
Portée principale : 19.50 m
Matériaux : Pierre

Le Pont Régemortes - face sud (fr.wikipedia.org)
Le Pont Régemortes - vue aérienne (fr.wikipedia.org)
Le Pont Régemortes (fr.wikipedia.org)
Le Pont Régemortes -face nord (Mapio.net)
Le Pont Régemortes (www.agora-photo.com)
Destruction d'une arche du pont de Régemortes le 18 juin1940 (A. D. Allier, 1 J. © A. D. Allier)
Le Pont Régemortes (fr.wikipedia.org)

Situation

Le pont Régemortes est situé à l’ouest du centre ville de Moulins, reliant le quartier des Mariniers à celui de la Madeleine.

Histoire

Le pont Régemortes est un pont en pierre au dessus de l’Allier, à Moulins, dans le département homonyme. Il porte le nom de Louis de Règemorte, l’ingénieur qui l’a conçu et construit au milieu du XVIIIe siècle. Pont innovant pour son époque, il fut le premier à résister aux fortes crues de la rivière.

Construction du pont

En 1750, Louis de Régemortes, ingénieur des turcies et levées de la Loire, fut chargé d’étudier le projet d’un pont destiné à remplacer celui qui avait été dessiné par Mansart en 1705 et qui avait été emporté par la crue de 1710 avant même d’être terminé. Les ponts à Moulins, comme ceux de la ville plus en aval de Vichy, ont au cours de l’histoire régulièrement été emportés par les violentes crues de l’Allier. Fort de son expérience sur la Loire et de l’échec du pont de Mansart, il constate que l’effondrement des ponts est du à la puissance des crues mais également à la mobilité et à l’épaisseur des sables sur lesquels il repose, pouvant atteindre jusqu’à 16 m. Les pilotis, sur lesquels reposaient les piles des précédents ponts ne pouvaient pas atteindre la couche de roche dure.

De 1750 à 1753, Régemortes établit un projet, qui fut approuvé par la municipalité de Moulins puis par un arrêt du conseil du Roi le 6 mai 1753. Ce projet comporte deux innovations :
un radier général, déjà employé mais à plus petite échelle sur la Vienne, qui va apporter une bonne rigidité artificielle,
une large ouverture pour le passage des eaux avec 253 mètres (pour une longueur totale d’environ 300 mètres) alors que le pont de Mansart n’en prévoyait que 113 mètres).

Les travaux vont durer 10 ans, de 1753 à 1763. Régemortes fait détruire le quartier de la Madeleine en rive gauche, et y creuse, protégé de la rivière par un mur, la risberme, la première partie du radier sur une profondeur d’un 1,65 mètre et une largeur de 34 mètres. Une première moitié de pont est construite coté rive gauche, entre 1753 et 1759. Une fois achevée, il fait construire une digue légère pour orienter le débit de la rivière sous cette partie du nouveau pont et permettre la construction d’un radier coté rive droite puis de la seconde moitié du pont. L’ouvrage complet est achevé en 1763. Les déblais extraits de la rivière pour y placer le radier servent à la construction de digues coté rive droite pour protéger la ville de Moulins des crues.

Le pont mesure alors 300 mètres entre nus de culées avec 13 arches de 19,5 mètres. C’est le premier pont de grande dimension qui ait été construit sur un radier général avec un tablier horizontal et droit.

En 1771, Régemortes a publié un volume richement illustré décrivant la construction du pont de Moulins et les techniques utilisées.

Depuis la construction

Le pont résistera jusqu’à nos jours à tous les crues dont les deux crues exceptionnelles de 1790 et de 1866. Le pont servira de modèle pour le pont de Loire à Nevers et le pont-canal du Guétin.

Jusqu’à l’achèvement en 1859 du pont ferroviaire (dit Pont de fer ou Pont noir) situé en amont, il sera le seul pont de Moulins et environs franchissant l’Allier.

Seconde Guerre mondiale

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le colonel d’Humières était en charge de la défense du secteur de Moulins2. Il décida, contre l’avis du maire, René Boudet, qui souhaitait une « ville ouverte », d’établir une ligne de défense sur la rive gauche de l’Allier et de miner une des arches du pont, la troisième en partant de la rive gauche, en disposant dessus six tonnes de nitrite.

Quand les Allemands envahirent la ville en provenant de Nevers et de la rive droite, le 18 juin, il fit sauter l’arche du pont, à 14h10, pour empêcher, la traversée des troupes allemandes. Le souffle de l’explosion détruisit de nombreuses vitres de Moulins, dont celles de la salle du conseil municipal, alors en réunion extraordinaire.

Une passerelle en bois sera assez rapidement installée et l’arche sera reconstruite en béton quelques mois plus tard.

Durant l’Occupation, cette partie de la rivière Allier marquait la ligne de démarcation qui séparait la France en deux, une zone occupée au nord et à l’ouest et zone libre au sud. La ligne séparait également le quartier de la Madeleine (seule partie de Moulins en zone libre) du reste de la ville. Le pont Régemortes sera un des principaux points de passage, situé sur la route entre Vichy où siégeait l’État français et Paris.

Ne peuvent alors franchir le pont que les possesseurs de laisser-passer. Outre les contrôles de l’armée puis de la douane allemande, la gendarmerie française contrôle elle aussi le pont, pour lutter contre le marché noir. Le passage clandestin seul ou avec l’aide de passeurs à travers la rivière est alors la seule solution pour ceux qui ne possèdent pas de laisser-passer.

Après guerre

Le pont est inscrit aux Monument historiques le 17 juillet 1946.

L’exploitation de gravières après guerre, contribueront à l’abaissement du lit de l’Allier, fragilisant le radier1. Pour le renforcer, un seuil d’enrochement sera créé et du béton sera injecté.

(source: »Wikipédia »)

Les environs

Moulins – Le Palais Ducal à 900 m au nord-est

Moulins – La Cathédrale à 900 m au nord-est

Moulins – Le CNCS (Musée du costume) à 500 m au nord-ouest