Th. de Banvielle (Portrait par Nadar)
Statue de Th. de Banville (Square de la gare à Moulins)
Signature de Banville
Portait de Th. de Banville à 39 ans (Tableau de Bénédict Masson 1862)
Plaque 10 rue de l'Éperon, Paris 6°

Liens bourbonnais :

Naissance : 14 mars 1823 à Moulins
Décès : 13 mars 1891 à Paris, 6° (à 67 ans)
Oeuvre principale : Odes funambulesques

Biographie

Étienne Jean Baptiste Claude Théodore Faullain de Banville, né le 14 mars 1823 à Moulins (Allier) et mort le 13 mars 1891 à Paris 6e arrondissement, est un poète, dramaturge et critique dramatique français. Célèbre pour les Odes funambulesques et les Exilés, il est surnommé « le poète du bonheur ». Ami de Victor Hugo, de Charles Baudelaire et de Théophile Gautier, il est considéré dès son vivant comme l’un des plus éminents poètes de son époque. Il a notamment découvert le talent naissant d’Arthur Rimbaud. Théodore de Banville unit dans son oeuvre le romantisme et le parnasse, dont il fut l’un des précurseurs. Il professait un amour exclusif de la beauté et la limpidité universelle de l’acte poétique, s’opposant à la fois à la poésie réaliste et à la dégénérescence du romantisme, contre lesquels il affirmait sa foi en la pureté de la création artistique. Fils du lieutenant de vaisseau Claude Théodore Faullain de Banville et de Zélie Huet, Théodore de Banville a fait ses études au lycée Condorcet à partir de 1830. Encouragé par Victor Hugo et par Théophile Gautier, il se consacra à la poésie, et fréquenta les milieux littéraires parmi les plus anticonformistes. Il méprisait la poésie officielle et commerciale, fut l’adversaire résolu de la nouvelle poésie réaliste et l’ennemi de la dérive larmoyante du romantisme. Il collabore aussi comme critique dramatique et chroniqueur littéraire aux journaux le Pouvoir (1850), puis le National (1869) ; il devient une figure très importante du monde littéraire et participe à la Revue fantaisiste (1861), où se retrouvent les poètes qui furent à l’origine du Parnasse et de tous les mouvements de ce siècle. Il rencontre Marie-Élisabeth Rochegrosse en 1862 (ils se marieront treize ans plus tard, le 15 février 1875), et organise la première représentation de Gringoire en 1866. Il publie Les Exilés en 1867, recueil qu’il dédie à sa femme et qu’il considéra comme le meilleur de son oeuvre. Âgé de 16 ans, Arthur Rimbaud, initié à la poésie de son temps par la revue collective Le Parnasse contemporain, lui envoie une lettre (datée du 24 mai 1870), en y joignant plusieurs poèmes (Ophélie, Sensation, Soleil et chair), dans l’espoir d’obtenir son appui auprès de l’éditeur Alphonse Lemerre. Banville répondit à Rimbaud, mais les poèmes ne sont pas publiés. En novembre 1871, Théodore de Banville héberge Arthur Rimbaud, mais dès le mois de mai, ce dernier dans ses lettres dites « du voyant » exprime sa différence et, en août 1871, dans son poème parodique, Ce qu’on dit au poète à propos de fleurs, exprime une critique ouverte de la poétique de Banville.
En 1872, avec son Petit Traité de poésie française, Banville rompt avec le courant symboliste. Il publie presque une oeuvre par an tout au long des années 1880, et meurt à Paris le 13 mars 1891, la veille de ses 68 ans, peu après la publication de son seul roman, Marcelle Rabe.
Théodore de Banville a particulièrement travaillé, dans son oeuvre, les questions de forme poétique, et a joué avec toutes les richesses de la poésie française. Il lui a été reproché d’avoir manqué de sensibilité et d’imagination, mais son influence salutaire permit à de nombreux poètes de se dégager de la sensiblerie mièvre qui survivait au
véritable romantisme.
Il est inhumé au cimetière du Montparnasse (13e division).
Hommages
– Moulins, sa ville natale, lui a dédié une avenue, ainsi qu’un parc (près de la gare)où trône sa statue de bronze, oeuvre du sculpteur Jean Coulon. Le plus ancien lycée de la ville porte son nom.
– Un square est dédié à Théodore de Banville dans le quartier du port de Nice, face à la mer.
– Son buste, sculpté par Jules Roulleau, est exposé dans le Jardin du Luxembourg, à Paris.
– Georges Brassens a mis en musique son poème Le Verger du Roi Louis
– Une rue du 17e arrondissement à Paris porte son nom.
OEuvres (liste non exhaustive)
Proses et poésies
-Les Cariatides, poésies, 1842 -Les Stalactites, poésies, 1846
-Odelettes, poésies, 1856 -Odes funambulesques et Le Sang de la Coupe, poésies, 1857. Ces recueils lui apportent la consécration et marquent une évolution vers plus de souplesse et de charme.
-Esquisses parisiennes, poésies, 1859 -La Mer de Nice – Lettres à un ami, Poulet-Malassis, 1865
-Contributions au Parnasse contemporain, 1866, 1871, 1876
-Les Camées parisiens, 1866 (en trois séries indépendantes, parues séparément, à petit nombre, entre 1866 et 1873)
-Les Exilés, poésies, 1867 -Nouvelles odes funambulesques, poésies, 1869
-Idylles prussiennes, 1870-1871 -Petit Traité de poésie française, 1871. Texte à partir duquel il se détourne peu à peu de la poésie contemporaine à la suite d’un violent désaccord avec le symbolisme.
-Théophile Gautier, ode, 1872 -Trente-six Ballades joyeuses, 1873
-Rondels composés à la manière de Charles d’Orléans et Les Princesses, sonnets, 1874
-Les Occidentales et Rimes dorées, 1875 -Roses de Noël, 1878
-Contes pour les Femmes, 1881 -Contes féeriques, 1882
-Mes souvenirs, 1882 -Nous tous, 1883
-Contes héroïques, 1884 -Contes bourgeois, 1885
-Lettres chimériques, 1885 -Les Servantes, 1885.
-Le Forgeron, poème, 1887 -Madame Robert, contes, 1887
-Les Belles Poupées, 1888 – Marcelle Rabe, roman, 1891
-Sonnailles et clochettes, 1891
Théâtre
Le Feuilleton d’Aristophane, en collaboration avec Philoxène Boyer, (1852)
Le Beau Léandre, Théâtre du Vaudeville, 27 septembre 1856
Le Cousin du Roi, Théâtre de l’Odéon, 4 avril 1857
Diane au bois, Théâtre de l’Odéon, 16 octobre 1863
Les Fourberies de Nérine, Théâtre du Vaudeville, 15 juin 1864
La Pomme, Théâtre Français, 30 juin 1865
Gringoire, comédie historique, Théâtre Français, 23 juin 1866. Dédiée à Victor Hugo, qui avait mis en scène un jeune poète dans Notre-Dame de Paris, publié en 1899 à la librairie Conquet-Carteret et Cie, 1899, avec des illustrations de Jacques Clément Wagrez. – Florise, comédie en quatre actes, 1870
Deïdamia, Théâtre de l’Odéon, 18 novembre 1876 – La Perle, Théâtre Italien, 17 mai 1877
Riquet à la houppe, 1884 – Socrate et sa femme, Comédie-Française, 1885
Le Baiser, Théâtre-Libre, 23 décembre 1887 – Ésope, 1893
Bibliographie – Etudes :
-Philippe Andrès, Théodore de Banville. Un passeur dans le siècle, Éditions Honoré Champion, 2009
-La biographie de Victor Barrucand
-Raymond Lacroix, Théodore de Banville. Une famille pour un poète, éd. Pottier, Moulins, 1990
-Raymond Lacroix, La saga d’un Banville au XIXe siècle, éd. Pottier -CSP, Creuzier-le Vieux, 2007
-Philippe Andres, La femme et ses métamorphoses dans l’oeuvre de Théodore de Banville, Éd. H. Champion, 1994