Achille Allier (ina.fr)
Tombe d' Achille Allier à Bourbon l' Archambault (www.culture.allier.fr)
L'Ancien Bourbonnais

Naissance : 2 juillet 1808 (Montluçon)
Décès : 3 avril 1836 (Bourbon l’Archambault) (à 28 ans)
OEuvres principales : L’Ancien Bourbonnais

Biographie

Fils d’un épicier de la ville, ayant fait le détour par Paris pour étudier le droit, il y obtint une licence qui ne le dissuada pourtant pas de se plaindre des « moeurs dégradantes » très en vogue dans la capitale. Il revint donc en province pour s’établir à Bourbon-l’Archambault. Victor Hugo, alors proche de la famille royale d’Orléans, encouragea Achille Allier à contribuer au renouveau d’intérêt pour les provinces françaises. Tous deux voyaient en cela un moyen et de s’opposer au morcellement départemental, et de contester le centralisme autoritaire. Pendant sa courte existence, Achille Allier déploya une activité exemplaire comme archéologue, lettré tout autant que dessinateur illustrateur, et directeur de la revue Art en Province, qu’il fonde en 1835. Marie-Amélie de Bourbon, épouse de l’anglophile Louis-Philippe, apprécia plusieurs dessins du jeune provincial et, parmi ceux-ci, « La jeune fille de la garde » que la reine acquit en 1835.

Les circonstances allaient lui donner l’occasion d’agir concrètement : le château des ducs de Bourbon à Bourbon-l’Archambault, ou plutôt ce qui en restait après la Révolution, étant échu par héritage au jeune duc d’Aumale, les administrateurs de ses biens décidèrent de le vendre aux enchères – ce qui était le livrer à la pioche d’un entrepreneur. Le 20 juillet 1832, Achille Allier publiait dans la Gazette constitutionnelle de l’Allier une lettre dans laquelle il annonçait qu’il achèterait le château et ferait graver sur ses murs : « Château des ducs de Bourbon, vendu à Achille Allier, bourgeois et artiste, par Monseigneur le duc d’Aumale, légataire universel du duc de Bourbon. » La presse parisienne reprit l’information et Victor Hugo lui-même intervint pour que le projet de vente fût abandonné.

Achille Allier mourut d’une congestion cérébrale.

Hommages

-Une plaque a été apposée sur le lieu de sa naissance à Montluçon, au 18 de la rue Notre-Dame. Une rue de Bourbon-l’Archambault porte son nom et un buste dressé sur un pilier rappelle son souvenir, près de l’église. -Un « Prix Achille-Allier », créé en 1991 et dont le but est de récompenser tout travail documentaire concernant l’Allier et le Bourbonnais, est décerné chaque année.

OEuvres (liste non exhaustive)

-Esquisses bourbonnaises, ouvrage de 1831 doté d’illustrations de sa main (scènes de la vie rurale). -La vie et les miracles (1836), grand dessin en couleurs du bienheureux saint Pourçain (une réédition en chromolithographie de cette oeuvre, par Desrosiers, en 1855, fut récompensée lors de l’exposition universelle). -L’Ancien Bourbonnais, Cette publication assure jusqu’à nos jours la célébrité d’Achille Allier. Le premier tome date de 1833, sous la conduite de l’auteur, alors que le second tome daté de 1837 fut façonné par un de ses amis, l’historien moulinois Adolphe Michel, à partir des nombreuses notes établies par le défunt Achille Allier. Tome I : 1833, XX-672 pages, planches et illustrations. Tome II : 1837, 404 pages, planches et illustrations (par A. Michel). Tome III : 1838, 142 planches et 2 cartes (par A. Michel et L. Batissier). Imprimerie Desrosiers fils, 2 vol de texte in-folio et un atlas grand in-folio.

Bibliographie

Joseph Viple, Achille Allier, Moulins, Crépin-Leblond, 1936. Léon Cote, Le romantisme en province. Achille Allier, Moulins, 1942.